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  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs.
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  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.

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Mémoires et politique

Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 13:31

Mémorice Président

 

 

 

 

 

Comme tout bon candidat qui se prépare à l'échéance présidentielle, j'étudie avec précision les propositions et inflexions idéologiques de mes concurrents.

 

Ce week-end, c'était au tour de  Marine Le Pen de se lancer officiellement dans la course. Pour les plus courageux, je vous propose d'écouter son discours retransmis par la chaîne parlementaire :

 

 

 

 

 

 

 

 


Il ne s'agit pas pour moi de me prononcer ici sur les propositions économiques et sociales d'un parti qui a encore présenté récemment des candidats pour le moins surprenants aux élections régionales : les talents semblent tellement rares dans les cadres du parti qu'il est nécessaire de recourir à des escort-girl, des gardes du corps et autres jeunes gens condamnés par la justice pour apologie de crime contre l'humanité, injures à caractère raciste et violences volontaires.

En revanche, je m'interroge beaucoup sur les axes historico-mémoriels de la campagne de la nouvelle candidate Marine Le  Pen. Voulant briser (ou du moins le faire croire) son complexe oedipien, cette dernière n'a cessé ces derniers mois de rappeler son indépendance face aux lourds héritages paternels. Il faut en effet lui reconnaître que cela ne doit pas être facile de justifier sans cesse les excès passés de son père.

Soit. Reconnaissons lui donc la blancheur immaculée d'une Jeanne d'Arc qui n'aurait pas encore été brunie par la fumée pestilentielle d'un feu "détail de l'histoire".

Penchons nous donc naïvement sur son discours et tentons de comprendre sa lecture de l'histoire. Plusieurs éléments ont été très judicieusement relevés par  Nicolas Lebourg, chercheur et spécialiste de l'extrême-droite pour le Nouvel Observateur : 

1. "le banquet des mille"
La manifestation organisée ce week-end a été baptisée  "Le banquet des Mille" par l'organisation frontiste. La salle ne pouvait-elle contenir que mille personnes ? Marine est-elle une inconditionnelle lectrice du Banquet de Platon ?
Pas du tout. Il s'agit en fait d'une référence érudite à une manifestation du 14 mars 1948 visant à rassembler en association les droites françaises contre la IVème république, contre l'inéligibilité des anciens collaborateurs avec l'occupant nazi et pour la réhabilitation de la mémoire du Maréchal Pétain.
En termes de symbole, on peut difficilement faire plus clair... même si cela jette du coup une ombre sur la blancheur immaculée précedemment supposée. 

2. L'économiste modèle : François Perroux
Reprenant les thématiques portées par le candidat à la primaire socialiste Arnaud Montebourg, Marine Le Pen semble vouloir surfer sur la vague de la "démondialisation". Pas question pour autant de donner l'impression que le programme du Front National est un mélange des idées du PS et de l'UMP. Du coup, Marine et ses conseillers tentent de justifier cet emprunt en mobilisant les idéologues du parti.
Parmi les économistes, peu sont directement liés à l'extrême droite. François Perroux n'est donc pas un représentant de cette tendance politique. Ces travaux sont aujourd'hui encore reconnus et salués par ses successeurs. Néanmoins, son parcours durant la Seconde Guerre mondiale est un peu particulier : professeur à la faculté de droit de Paris entre 1939 et 1945, il codirige la revue maréchaliste La Communauté française, collabore à  Idées, revue de la Révolution nationale, puis crée en 1942 un groupe de réflexion, Renaître, avec Yves Urvoy.

Bref, il semble encore difficile au Front National de renouveler suffisament les idées pour qu'elles ne trouvent pas systématiquement leurs racines au temps du Maréchal.
Sur ce point précis, je trouve d'ailleurs que les journalistes politiques n'approfondissent pas assez leurs interviews de la candidate du Front Nationale.
Quelles sont ses idées sur l'enseignement de l'histoire en France ? Souhaite-t-elle le réformer ? Contrôler les programmes ? A-t-elle une opinion sur les lois mémorielles ? Assistera-t-elle aux cérémonies commémoratives de la Journée nationale de la déportation en avril 2012 ?
Ces sujets peuvent sembler très pointus et ne pas intéresser les citoyens au premier abord. Et pourtant, je pense que c'est en éclairant la vision de l'histoire d'un candidat qu'on peut (entre autres sujets, il ne s'agit pas d'être exclusif) mieux comprendre sa vision de la France et ses projets pour l'avenir.  

Pour écrire l'histoire, sans perdre la mémoire
Mémorice de France

PS : Vous êtes de plus en plus nombreux à suivre ma candidature et ses décryptages historico-mémoriels dans la perspective de 2012. N'hésitez pas à vous abonner pour être régulièrement informés des nouveaux articles (à gauche de l'écran).  
 

Par Mickaël BERTRAND - Publié dans : Mémoires et politique - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 22:23

Mémorice Président

 

Georges Orwell nous avait bien mis en garde dans 1984 : celui qui contrôle l'histoire détient le pouvoir. Pouvait-il imaginer que ce scénario de science-fiction puisse être inversé dans la réalité en 2011 ?

 

Etant moi-même présent aux commémorations du 11 novembre sous l'Arc de Triomphe dans le cadre de  ma déclaration de candidature à l'élection présidentielle, je n'avais pas remarqué le vent de Sarkozysme qui s'est diffusé sur la France autour des monuments.

 

Ce sont des militants et soutiens de ma candidature qui m'ont informé de leur étonnement, voire de leur panique pour certains, à entendre leurs Maires respectifs prononcer des discours surprenants tout en gesticulant inhabituellement des épaules.

 

Il aura fallu plusieurs jours pour que l'enquête permette d'élucider ce mystère :  l'Elysée a imposé le discours de Nicolas Sarkozy à de nombreux Maires de France par l'intermédiaire d'une injonction préfectorale.

 

L'information a été révélée par une courageuse enquête de Sylvain Lapoix sur OWNI. Depuis, on ne peut pas vraiment affirmer que les médias se soient affolés autour de cette information pourtant hallucinante.

 

Que faut-il comprendre de cette initiative ? Nicolas Sarkozy doit-il être considéré comme le nouvel historien en chef de la République ? S'agit-il d'une énième étape dans le sabotage de la science historique française ? Doit-on comprendre que la liberté d'expression des élus municipaux est désormais abolie ? 

 

Devant une telle atteinte aux libertés fondamentales, je m'engage solennellement à rétablir la liberté d'expression des élus si je le deviens moi-même par les urnes le 6 mai 2012 et, bien entendu, à rétablir l'enseignement de l'histoire en Terminale Scientifique.

Il n'est décidément pas acceptable que l'histoire de notre pays soit dicté par le pouvoir exécutif (que ce soit par l'intermédiaire de discours, d'une maison de l'Histoire de France ou de financements publiques attribués en fonction des sujets qui agréent l'Elysée).

 

Pour écrire l'histoire, sans perdre la mémoire

Mémorice De France


Par Mickaël BERTRAND - Publié dans : Mémoires et politique - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 19:00

Mémorice Président

 

Je vous avais bien dit que la campagne serait historique ou ne serait pas.

 

Nicolas Sarkozy ayant été informé de  ma récente déclaration de candidature, il s'est empressé de réagir aujourd'hui, quitte à prendre quelques distances avec son thème initial, et surtout avec la réalité.

 

En déplacement à Bordeaux pour parler de lutte contre les fraudes sociales, le président de République a souhaité rendre hommage à mon engagement dans la course vers la présidentielle. C'est donc avec plaisir que je lui rend la politesse ! (A ce rythme, je vais bientôt devoir embaucher un nègre : il parait que ceux de Rama Yade et de Joseph Macé Scaron ont récemment été mis en disponibilité. Appelez-moi les mecs !!!)

 

Mon principal concurrent s'est donc fendu aujourd'hui d'un discours particulièrement ambigu : comment en effet savoir s'il s'agissait de la parole présidentielle ou bien des promesses du candidat Sarkozy ? (Soyons réalistes ! Quand on connaît le coût d'un tel déplacement, on comprend assez facilement pourquoi le candidat en poste souhaite retarder au maximum sa déclaration de candidature : après 4 ans de bons et loyaux services, il considère probablement que les Français lui doivent bien quelques meetings...).

 

Tel un bachelier peu inspiré devant sa copie, le candidat Sarkozy s'est donc penché discrètement au dessus de l'épaule de son camarade de classe. Habitué des fonds de salle, il n'a pas trouvé d'autre voisin qu'Henri Guaino. N'ayant pas retenu la leçon de son précédent larcin lors du contrôle sur la place de l'homme africain dans l'Histoire, il a renouvelé l'expérience en espérant que le professeur-électeur ne remarquerait rien. Pas de bol, Mémorice de France fait partie de la même promotion et associe sa particule à la délation.

 

Jugez par vous même l'objet du délit :

 

 

 

Pour ceux qui ne parviennent pas à supporter plus de cinq minutes de face-à-face avec le Président, vous pouvez également lire  le discours sur le site de l'Elysée ou bien faire confiance à mon honnête résumé (à vos risques et périls puisque j'ai endossé depuis hier le costume d'homme politique).

Selon Nicolas Sarkozy (et sur ce point nous sommes d'accords), le Président de la République doit protéger le modèle social français issu du  Conseil National de la Résistance.

En revanche, le candidat Sarkozy prétend que "ceux qui ont trahi l'héritage du CNR, ce sont ceux, qui depuis des décennies, ont refusé toute réforme par lâcheté politique ou par opportunisme". Pire encore, "La fraude : c'est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l'esprit de 1945. C'est la fraude qui mine les fondements mêmes de cette République Sociale que les frères d'armes de la Résistance ont voulu bâtir pour la France et qu'ils nous ont léguée".

 

Il fallait oser. Voici que le modeste artisan qui ne déclare pas quelques heures de travail est assimilé à un pilleur de la République aux accents germaniques et aux bottes cirées !

Certes, la fraude sociale existe et il convient de lutter contre son éventuelle expansion. Prenons garde cependant à ne pas exagérer son étendue pour en faire un argument politique trop facile contre une gauche peut-être parfois un peu trop laxiste dans ce domaine.

 

Prenons garde aussi, et surtout, à ne pas laisser le Président de la République frauder avec l'Histoire de manière encore plus ostentatoire que ceux qu'il dénonce.

Ce discours n'a en effet pas pour unique objectif d'allumer un contre-feu à ma déclaration de candidature (vaine tentative de toute façon, j'ai déjà été interviewé par le canard de mon village). Les propos du président sont une réponse tardive, mais calculée, aux critiques qui lui ont été adressées dès les premiers mois de son quinquennat. Si tout le monde connaît désormais le visage rayonnant de  Stéphane Hessel  et son cri d'indignation relayé dans tous les pays du monde par des collectifs divers et variés, peu savent vraiment que cette aventure est née d'un film que le pouvoir avait partiellement réussi à censurer en 2009 :

 

 

Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy s'inquiète de cette indignation qu'il avait négligé dans l'euphorie de son début de quinquennat. Quand les collectifs des Indignés se multiplient partout sur la planète, il craint que son nom soit associé au système que tout le monde dénonce et sort l'artillerie lourde en tentant d'inverser l'accusation.

 

L'Histoire est cependant obstinée et  les coups portés sous sa présidence à l'enseignement de cette discipline ne sont pas encore suffisamment efficaces pour empêcher les citoyens de comprendre cette falsification. Pouvait-il cependant imaginer que les coups les plus efficaces viendraient de son camp ? C'est en effet Denis Kessler, ex-président du MEDEF, qui a exposé dans les termes les plus simples et efficaces la logique du quinquennat sarkozyte (un texte précieux qu'il est de plus en plus difficile de trouver sur Internet) :

"Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…

A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

A l’époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d’obtenir des avancées - toujours qualifiées d’historiques - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises.

Ce compromis, forgé à une période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.

Cette architecture singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d’un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l’histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l’évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s’adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.

Le problème de notre pays est qu’il sanctifie ses institutions, qu’il leur donne une vocation éternelle, qu’il les tabouise en quelque sorte. Si bien que lorsqu’elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d’une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s’érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s’attaquent à ces institutions d’après guerre apparaissent sacrilèges.

Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce.

Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n’est pas un problème qu’en psychanalyse".

Denis Kessler dans Challenges, le 4 octobre 2007

 

IMémorice de France ne pouvait pas laisser l'Histoire être réécrite dans un meeting de l'UMP. La campagne s'annonce décidément passionnante !

 

Pour écrire l'histoire, sans perdre la mémoire

Mémorice de France


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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 12:48

 

"RiMemorice-President.pngen ne sert de courir, il faut partir à point" : tel le messager Phidippidès s'apprêtant à rejoindre Athènes depuis Marathon, j'ai décidé de laisser quelques longueurs d'avance à mes concurrents présidentiables. Ils en auront bien besoin ! 

 

Néanmoins, mes conseillers en communication me pressent depuis quelques jours pour rendre publique ma candidature officielle. Il faut dire que Claire Chazal commençait à s'impatienter et que mon vieil ami Eric Zemmour (ramassé un jour apeuré au seuil d'un amphi baptisé "Mathiez") voulait l'exclusivité d'une déclaration en Une du Figaro (Le pauvre n'a jamais remis les pieds dans un cours d'histoire : il a élu domicile au local de l'UNI).

 

Bref, quelle plus belle occasion finalement pour se déclarer que le 11 novembre ! Cette date chargée d'histoire et de mémoire résume à elle seule la marque que je souhaite apposée à ma campagne présidentielle.

 

Je m'appelle Mémorice de France et je suis candidat

à l'élection présidentielle française !!!

 

Ma démarche n'est pas partisane, ni récupérable. Je ne suis ni socialiste, ni communiste, ni gaulliste, ni opportuniste et encore moins extrémiste. En revanche, je suis persuadé que l'Histoire de France risque d'être encore bien malmenée en cette période présidentielle et que les démarches mémorielles vont se multiplier à mesure que l'échéance approche.

C'est pourquoi il m'a semblé important de représenter avec vous et pour vous (Ah ! La bonne vieille stratégie démagogique du tribun partageant les préoccupations de la plèbe) une voix discordante qui ne soit ni celle du système, ni celle d'une quelconque opposition. Elle s'exprimera ici pendant quelques semaines jusqu'à ce que le joli mois de mai nous conduise aux urnes.

Je profite d'ailleurs de cette occasion pour remercier l'auteur de ce blog qui a accepté de m'héberger durant cette période. Ensemble, nous analyserons régulièrement l'actualité historico-mémorielle : lui apportant les "références" qu'il convient d'étaler pour être pris au sérieux par la caste des journalistes omnipotents, et moi tentant de décrisper sa plume souvent trop coincée pour être comprise du peuple (un truc qui m'a été refilé par mon vieux pote Mélénchon avant qu'il ne deviennent un peu trop ronchon).

 

Que mes concurrents se le tiennent donc pour dit : cette fois-ci, pas question d'invoquer impunément la mémoire de Jaurès et Blum  dans un meeting de l'UMP :

 

Sarozy et jaurès Sarkozy, Blum et les communistes (cliquez sur la photo pour visionner la vidéo) 

Pas question non plus de laisser le candidat socialiste sombrer trop rapidement dans une démarche communautaire (et électoraliste) de la repentance, ni même d'autoriser un candidat extrêmiste parler de "détails" de l'Histoire : 
Cette fois-ci, c'est sérieux et ça commence dans les cimetières de la Première Guerre mondiale. 
Alors que je me recueillais respectueusement, bercé par la sonnerie aux morts (ambiance musicale ci-jointe), j'ai été happé par un ouragan. Pas le temps pour l'actuel président de la République de s'attarder trop longtemps devant les monuments. Il faut avouer que ça n'a jamais été son truc, le recueillement. Il nous l'avait déjà bien fait comprendre en 2008 au plateau des Glières sous l'oeil attentif de Gilles PERRET dans son documentaire Walter, retour en résistance
Vendredi, la cérémonie était cependant plus solennelle : est-ce cela la "hauteur présidentielle" tant débattue ? Ou bien doit-on y voir un exercice d'acteur rôdé par une équipe de communiquants grassement rémunérés (qui n'ont pas oublié d'envoyer au pied venteux de l'Arc de Triomphe un enfant de couleur à peine habillé pour que notre généreux et paternel Président entoure sa nuque fragilisée d'une écharpe protectrice) ?
Sarkozy-11-novembre-2011.jpg
Quoiqu'il en soit, il était présent et il a délivré son précieux message présidentiel : les derniers poilus étant disparus (et n'ayant donc plus de bulletin de vote), le 11 novembre doit désormais devenir "la date de commémoration de la Grande Guerre et de tous les morts pour la France". 
Bigre ! En quelques mots, il vient de me rafler les voix des familles des soldats morts pour la France en Afghanistan, en Lybie et dans tous les autres pays dans lesquels il a engagé l'armée française depuis son installation à l'Elysée.
Pas le temps cependant de s'expliquer : il faut déjà repartir ! Direction Meaux pour inaugurer le tout nouveau (et un peu trop neuf selon Philippe Dagen du Monde) musée de la Grande Guerre commandé par son meilleur ami/ennemi Jean-françois Copé. Impossible cependant de ne pas laisser glisser un regard nostalgique vers le Fouquet's à travers la berline noire qui le reconduit à l'Elysée. C'était la belle époque ! Celle durant laquelle il avait encore le droit de porter ostensiblement une Rolex à son poignet.
Sur le chemin de Meaux, il a probablement demandé au chauffeur d'augmenter le son de la radio : insuffisament échaudée par sa précédente sortie historique à l'occasion du 14 juillet, Eva Joly réitère en proposant que le 11 novembre devienne une journée européenne pour la paix. Pourquoi pas après tout ?!
N'est-ce d'ailleurs pas la perspective esquissée par Joseph ZIMET (adjoint au directeur de la mémoire, du patrimoine et des archives à la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA) du ministère de la Défense et des Anciens Combattants) lorsqu'il propose une cérémonie d'ouverture européenne des commémorations à Sarajevo le 28 juin 2014 ? (voir son rapport ici). N'est-ce pas son idée qui vient d'être pillée par la candidate écologiste lorsqu'il proposait aussi de célébrer le centenaire de la mort de Jean Jaurès (décidément, encore lui...), symbole étincelant des pacifistes ? (Je précise au passage que l'auteur du blog m'a promis de développer prochainement une fiche sur ce rapport que je pourrai allègrement mobiliser lors des débats qui vont m'opposer aux autres candidats).
Et pendant ce temps, au parti socialiste... François Hollande reste "au-dessus de la mêlée", affirmant ne pas souhaiter réagir à la proposition de son principal concurrent Nicolas Sarkozy. C'est un pari audacieux : soit, tel Romain Rolland, il sera couronné l'année suivante du prix Nobel présidentiel ; soit les commentateurs s'aperçevront qu'il n'avait en fait aucune alternative à proposer à défaut d'avoir pour l'instant un Joseph Zimet dans son équipe de campagne...
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Mémorice de France

Par Mickaël BERTRAND - Publié dans : Mémoires et politique - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 14:18

 

Nous l'avions annoncé sur ce blog à la fin du mois de septembre : Nicolas Sarkozy s'est rendu en Arménie le 6 octobre 2011 en compagnie de Patrick Devedjian et Charles Aznavour.

 

 

 

Objectif de l'opération : faire oublier aux électeurs de la communauté arménienne française (estimée à 500 000 personnes) sa précédente promesse de campagne en 2007 où il s'était engagé à soutenir le vote d'une loi réprimant spécifiquement la négation du génocide de 1915.

L'exercice aurait du être difficile, voire impossible. C'est sans compter cependant sur l'opération minutieuse d'oubliance des promesses non-tenues du candidat Sarkozy-2007. En voici un petit récapitulatif :

 

1. Une promesse écrite : la lettre à Alexis Govciyan, président du Conseil des Organisations Arméniennes de France (CCAF)

Le 24 avril 2007, à quelques jours de l'échéance présidentielle, le candidat écrit une lettre dans laquelle il s'engage fermement à condamner le négationnisme du génocide arménien :

"Je partage pleinement votre volonté que la France s’oppose au négationnisme d’État, à une propagande qui vous meurtrit, une propagande indigne. Et la France doit non seulement condamner le négationnisme par la loi, mais ne jamais accepter une quelconque propagande d’État.

C’est au Parlement, aux représentants de la Nation, de donner à notre pays ses lois. Il lui appartient de tracer la frontière entre l’acceptable et l’inacceptable. Et il peut, à ce titre décider que la négation du génocide est un acte qui franchit cette frontière. Au-delà de l’insulte à la mémoire des victimes et à leurs descendants, la négation porte atteinte à l’ensemble de la société. La liberté d’expression, ce n’est pas celle de manipuler l’histoire ni celle de nier les évidences historiques.

Je suis pour la liberté d’expression individuelle, pour la liberté de pensée des historiens et chercheurs, même si la réalité du génocide est indéniable. Par contre, je n’accepte pas que les Arméniens de France soient menacés ou empêcher de dénoncer le négationnisme en France.

[...] Si je suis élu, je m’emploierai à promouvoir, les relations entre l’Arménie et la France dans tous les domaines. Je m’engagerai aussi dans la recherche d’une solution aux conflits dans le Caucase. Je m’attacherai enfin à lutter, en France, contre toute approche négationniste à l’égard du génocide arménien."

 

2. Un déni non-assumé ? Les révélations de Wikileaks

Les belles promesses du candidat en campagne ont été visiblement vite rattrapées par d'autres priorités diplomatiques et économiques. Selon certains documents diplomatiques publiés ensuite par Wikileaks, le 29 mai 2007, soit seulement quelques jours après l'élection présidentielle, Jean-David LEVITTE (conseiller diplomatique de l'Elysée) se rendait à Ankara pour rassurer la Turquie. Il aurait alors affirmé à ses interlocuteurs que le Président s'asurerait en personne que le projet de loi français pénalisant le négationnisme arménien serait enterré au moment de son vote au Parlement.

 

3. Le rapport Accoyer ou comment justifier un retournement de situation

Au mois de décembre 2008, le gouvernement a finalement pris clairement position contre la proposition de loi qui sanctionne la négation du génocide arménien. Adopté par les députés en octobre 2006, ce texte n'a pas été transmis au Sénat.

Pour justifier ce retournement de situation, le gouvernement a avancé un rapport sur les lois mémorielles intitulé «Rassembler la nation autour d'une mémoire partagée» (librement consultabe à cette adresse). Issu d'une mission créée au printemps 2008 par le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, ce rapport stipule que le rôle du Parlement "n'est pas d'adopter des lois qualifiant ou portant une appréciation sur des faits historiques, a fortiori quand elles s'accompagnent de sanctions pénales". 

Au passage, ce rapport précise également que le Parlement ne doit pas prescrire le contenu des manuels scolaires tout en réaffirmant l'attachement des députés à l'enseignement obligatoire de l'histoire (décidément, les dernières décisions en la matière nous montre que le gouvernement n'est plus à une contradition près).

 

4. La loi refusée au Sénat : indépendance législative ou pression exécutive ?

Essayant de passer outre cette décision gouvernementale, l'affaire rebondie au mois de mai 2011. Une exception d'irrecevabilité à la proposition de loi est cependant présentée au Sénat le 4 mai 2011 par le député UMP Jean-Jacques Hyest. Au final, la proposition de loi est donc enterrée et ficelée jusqu'aux prochaines élections présidentielles et législatives.

 

Les lecteurs réguliers de ce blog savent qu'une telle décision me réjouit. Je fais partie de ces historiens qui considèrent les lois mémorielles comme inutiles, voire dangereuses dans certains cas.

Néanmoins, je reste perplexe sur la méthode. Comment le président Sarkozy peut-il encore décemment se présenter en Arménie, y recevoir un accueil aussi chaleureux, et réitérer ses promesses non-tenues de 2007 sans que personne ne s'en offusque ? Comment peut-on assumer un tel affront envers la communauté arménienne après avoir déployé autant d'énergie à nier ses engagements ? 

Que le président se rende en Arménie pour soutenir leurs revendications, soit. Qu'il prononce un discours en hommage aux victimes du génocide arménien, soit. Je serais même prêt à le soutenir lorsqu'il invite la Turquie a "revisiter son histoire" puisque cette remarque ne dépasse pas le cadre légal.  Mais pourquoi s'obstiner à renouveler sa promesse d'une loi réprimant la négation du génocide arménien en France ? Pense-t-il vraiment que cette décision sera de taille à infléchir la position turque qui n'a pas dérivé un seul instant jusqu'à présent ?

 

L'échéance présidentielle qui s'annonce risque donc d'être particulièrement active sur le plan historique et mémoriel (et pas seulement sur le dossier arménien). Le blog Histoire, Mémoire & Sociétés va créer pour l'occasion une nouvelle rubrique consacrée aux présidentielles 2012 et compte sur ses lecteurs pour lui relayer toutes les informations susceptibles de l'intéresser dans les discours, interviews et programmes des candidats.

Par Mickaël BERTRAND - Publié dans : Mémoires et politique - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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