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C'est Quoi ?

  • : Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. ISSN : 2261-4494
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C'est Qui ?

  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.
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Cherche La Pépite

20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 10:47

A l’heure où le prix du baril atteint des niveaux record à la bourse, les consommateurs s’organisent afin de réduire la place de l’énergie dans leur budget. Tous les moyens sont bons : chauffage solaire, covoiturage, vélo… et autres techniques qui interrogent l’historien !

 

Dans un numéro du Nouvel Observateur (14-20 août 2008), le journaliste Airy Routier (vous vous souvenez… l’affaire du SMS de Sarko à Cécilia, c’était lui !) recense les nouvelles pratiques sociales entraînées par la flambée de l’or noir.

 

Parmi elles, l’ « agriculture périurbaine » qui rapproche lieux de production et lieux de consommation des fruits et légumes. C’est le cas notamment dans la région de Douai (Nord) où Jean-Paul Mottier, responsable des grands projets de la communauté d’agglomération du Douaisis déclare : « On en revient à des choses d’autrefois ».

Il n’a pas tort ; même s’il serait bon de rappeler à cet élu que la géographie a depuis bien longtemps théorisé ce rapport de la ville avec son espace. Il s’agit d’ailleurs du premier modèle géo-économique urbain édicté par Johann Heinrich von Thünen (1783-1850).

Le principe est simple : la culture maraîchère bénéficie d’une grande valeur ajoutée qui lui permet d’amortir le prix du foncier élevé dans la proche périphérie urbaine, tout en minimisant les coûts de transport. Ce modèle avait ensuite été quelque peu torturé par les géographes, forcés de constater les influences de l’histoire sur leur discipline, la diminution des coûts de transport et l’amélioration des techniques de conservation qui permettent depuis le début du XXème siècle d’éloigner de plus en plus les lieux de production des centres urbains.

Nous pouvons donc désormais considérer que nous avons passé un seuil économique au-dessus duquel le coût des transports (et surtout de l’énergie qui les alimente) vient de dépasser en importance relative celui du foncier dans l’économie agricole.

 

Les exemples similaires se multiplient alors à l’infini : les plus grandes villes françaises ressortent toutes de leurs vieux cartons d’archives les anciens tracés des tramways démantelés dans l’entre-deux guerre pour les réhabiliter dans l’espace urbain (couplés avec le retour du vélo en ville) ; Les entreprises remettent en place le ramassage en bus de leurs employés grâce au soutien de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ademe) ; Tous les plan d’urbanisme ont été repensés en terme d’économie de transport pour rapprocher les supermarchés des habitations. L’inverse s’observe aussi puisqu’en juin 2008, le directeur d’un hypermarché de 350 salariés situé à l’Immaculée (près de Saint-Nazaire) a décidé de construire à 200 mètres de sa grande surface une vingtaine de logements pour ses salariés. Les ombres de Charles Fourier et Jean-Baptiste André Godin planent dès lors sur ces projets tout droit sorti des esprits du XIX° siècle.

 

La question se pose donc de façon légitime : traversons-nous une récession historique ?

 

A en croire les journalistes : oui ! Ils constatent notamment que la SNCF réhabilite de vieilles gares abandonnées pour y reprogrammer l’arrêt de TER, aux frais des régions administratives. Et de tirer la conclusion suivante : « Au moins sont-elles désormais prévenues sur les retournements de l’histoire » ! La remarque est intéressante car elle signifierait ainsi que notre société contemporaine aurait fait un demi-tour sur elle-même et qu’elle avancerait désormais dans le sens inverse de l’histoire.

 

Le regard de l’historien se voudra pourtant plus circonstancié sur les circonvolutions du temps. Les différents "moments" généralement considérés comme des périodes de « crise » ont changé notre vision de l’évolution humaine et sociale. Il ne s’agit plus désormais de considérer l’histoire comme un cheminement linéaire sans à-coup, ni comme un éternel recommencement cyclique. L’observation empirique de l’histoire nous a finalement démontré que le temps, s’il évolue de façon continue et sans interruption, ne poursuit pas un cheminement logique et cohérent. L’histoire est faite de creux, de vagues et d’écume pour reprendre la célèbre métaphore maritime de Fernand Braudel (1905-1985) dans la Méditerranée et le monde méditerranéen au temps de Philippe II (1949). Comme une marée, elle avance et elle recule, apporte son lot de techniques et de technologies qui resteront parfois durablement sur la plage, et d’autres qui seront emportées par les flots. Reste à savoir si l’histoire déposera de nouveaux objets alternatifs sur la plage, si des vagues rejailliront d’anciennes découvertes submergées, ou bien si elle ne finira pas par tout submerger…

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Published by Mickaël Bertrand Mickaël BERTRAND - dans Mémoires et conflits
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