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  • : Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. ISSN : 2261-4494
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  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.
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Cherche La Pépite

5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 07:37

Mouammar Kadhafi, dirigeant libyen, a annoncé dans la nuit du dimanche 31 août et du lundi 1er septembre qu’il allait supprimer l’administration. Selon lui, cette méthode, certes radicale, serait la meilleure solution pour mettre fin à la corruption sans cesse dénoncée à tous les échelons de l’Etat. L’argent issu du pétrole serait alors directement distribué au peuple qui vivrait sans structure publique.

 

Cette information, trouvée au détour d’une revue de presse, ne semble pas avoir retenu outre mesure l’attention des journalistes français. Je pense tout simplement que ces derniers ne parviennent pas encore à mesurer les conséquences que pourraient avoir une telle mesure si elle était réellement appliquée. La suppression de l’administration, dans la bouche de Kadhafi, signifie en fait la disparition de tous les ministères qui ne concernent pas la souveraineté nationale. C’est donc la fin de l’éducation, d’une éventuelle politique de santé, des travaux publics et de l’aménagement du territoire. En somme, la Libye deviendrait un Etat qui rassemble des hommes, sans leur donner les moyens et les structures de rester ensemble.

 

Bien entendu, une telle mesure serait tout aussi catastrophique pour les libyens que pour l’ensemble de la planète. Depuis la création de l’humanité, l’homme, cet animal social par définition, n’a cessé de vouloir s’organiser, de se donner des règles et des chefs pour mieux vivre en communauté. Bien que l’antiquité grecque ne fût pas dépourvue d’organisation sociale, nous pouvons considérer que la cité d’Athènes représente encore aujourd’hui le modèle primitif de démocratie participative directe (qui fonctionnait avec quelques milliers de citoyens seulement…). L’exploit complètement givré qu’entend réaliser Mouammar Kadhafi serait de retrouver cet "idéal" démocratique avec une communauté d’environ 6 millions d’habitants !

 

Cette fois encore, il ne faut pas négliger la part importante de stratégie politique dissimulée derrière cette annonce. Par l’intermédiaire d’un tel projet, Kadhafi se désolidarise des administrations républicaines (si, si, je vous assure ! Officiellement, la Libye est une République…) critiquées par le peuple et il leur propose un modèle alternatif complètement utopique qui risque de semer le chaos dans tout le pays. Dès lors, il pourra se présenter comme le « sauveur » du pays et envisager une dictature populaire complètement délivrée de ces obligations républicaines.

 

Il n’en demeure pas moins que l’alternative proposée au peuple est intéressante en termes de régime d’historicité. Les libyens semblent avoir atteint un niveau tel d’appréhension face à l’avenir qu’ils seraient prêts à envisager un retour un arrière de plusieurs siècles sur l’organisation publique de leur société. Il ne s’agit plus seulement de nostalgie, d’un phénomène de patrimonialisation tel qu’on peut l’observer en France. Dans ce cas précis, les hommes sont prêts à reconnaitre qu’ils n’ont peut-être pas emprunté la bonne voie de l’évolution et, plutôt que de continuer, ils décident de rebrousser chemin.

 

Affaire à suivre…

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Published by Mickaël Bertrand Mickaël BERTRAND - dans Mémoires et identités nationales
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