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C'est Quoi ?

  • : Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. ISSN : 2261-4494
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C'est Qui ?

  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.
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Cherche La Pépite

11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 08:49

Lundi 1er septembre 2008, le juge espagnol Baltasar Garzon a lancé une demande d'information préliminaire à propos des disparus du franquisme. Son objectif est de permettre aux familles de victimes d’ouvrir enfin des recherches sur les membres de leur famille disparus durant la guerre civile espagnole (1936-1939) et pendant la période du franquisme (1939-1975). Une telle décision pourrait paraître a priori banale tant elle semble logique et légitime. Pourtant, elle illustre un long processus mémoriel en marche depuis quelques années au sein de la communauté ibérique et qui est loin d’être suivi à l’échelle internationale.

 

En octobre 2007, le chef du gouvernement socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, avait déjà fait passer une loi pour la réhabilitation des victimes du franquisme. Cette loi dite de la "mémoire historique" a accru les droits des familles de victimes, en obligeant les administrations à collaborer pour rechercher les disparus. Exploitant à fond cette nouvelle disposition législative, le juge Baltasar Garzon entend bien faire ouvrir sans exception toutes les archives qui pourraient apporter des renseignements sur le sort de leurs aïeuls : l’Eglise espagnole est donc invitée à fournir les registres de décès de ses 22 827 paroisses, mais c’est aussi le cas pour le ministère de la Défense, pour les municipalités, et toute autre administration.

 

Une telle décision doit être mise en perspective avec la tentative récente des sénateurs français de prolonger certains accès aux archives. Ainsi, au début de l’année 2008, le gouvernement avait proposé un projet de loi permettant de réduire l’accès à certains documents. Or, l’initiative n’avait pas été du goût de la majorité des sénateurs qui, sous prétexte de l’allongement de la durée de vie, souhaitaient en fait prolonger certains accès. (Voir le tableau récapitulatif des documents et délais proposés). Une telle initiative aurait obligé les archivistes à remettre sous clef certains documents tant attendus et désormais consultables, notamment concernant la guerre d’Algérie. Fort heureusement, un collectif d’historien avait alors vivement réagi et fait reculer les prétentions des sénateurs.

 

A travers ces deux exemples, ce sont en fait deux conceptions différentes de l’histoire et de la mémoire qui s’opposent. Au sud des Pyrénées, le législateur a considéré que la vérité historique pouvait constituer un facteur d’apaisement mémoriel de l’ensemble de la communauté national. Au nord de ces mêmes montagnes, les élus auraient préférer jeter un voile bien étanche sur le passé proche, considérant que la population doit être protégée de ce que les archives pourraient leur dire. Ce contraste est d’autant plus surprenant qu’a priori, l’Espagne aurait davantage à craindre des révélations sur son passé fasciste qui s’est prolongé bien au-delà de toutes les autres nations européennes. Et pourtant…la chaste République aurait finalement bien plus de secrets de polichinelles que la dictature assumée !

 

L’Espagne va donc entreprendre un vaste recensement de l’ensemble des victimes de son passé afin de mieux leur rendre hommage ; tandis qu’en France, on prétexte des revendications communautaristes, on prétend protéger la vie privée,… pour finalement esquiver un passé qui ne veut décidément pas passer dans sa globalité.

 

Je commence à regretter de ne pas avoir fait « Espagnol LV2 » au collège… Même en histoire, il y a plus de boulot à l’étranger…

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Published by Mickaël Bertrand Mickaël BERTRAND - dans Mémoires - lois et justice
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Magí Ribas 12/10/2008 22:53

RENOUVELLEMENT DU TRIBUNAL CONSTITUTIONNEL ET FRANQUISME

Dans l'opinion de Francisco José Hernando Santiago, "le général Franco avait été un homme très sensible à la justice" ("Par leurs faits vous les reconnaîtrez", député Iñaki Anasagasti au journal Deia, 21.08.2005).

Dès le cadre de récupération de la Mémoire Historique et l'effort pour mettre fin au "modèle espagnol d'impunité", un pas absolument nécessaire pour recouvrir la crédibilité internationale de l'Espagne, on ne peut que s'inquiéter quand le Parti Populaire (PP) soutien la candidature de M. Hernando au Tribunal Constitutionnel nonobstant le profil qui en découle de ses paroles.