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  • : Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. ISSN : 2261-4494
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  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.
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Cherche La Pépite

13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 11:32

L’Italie est décidément bien tourmentée par son passé ces derniers temps. Le dernier sujet de discorde : les villes de fondation (ce sont les villes nouvelles créée sous l’autorité de Mussolini entre 1922 et 1943).

 

Alors que le tourisme devient un marché de plus en plus important dans l’économie, l’Italie s’interroge sur la place de ces villes modernes au sein du patrimoine national.

D’un côté, les hommes politiques de gauche tels que Giorgio Frassineti, adjoint à l'urbanisme de Predappio, affirment que « l'histoire a condamné le fascisme. Ce dont il s'agit à présent, c'est de promouvoir un patrimoine architectural important, rien de plus ». D’un autre côté, nettement plus à droite, des hommes tels que Fabio Bianchi, assesseur à la culture de la province de Latina, expliquent que « le regard sur le fascisme a changé et les conditions de sérénité sont réunies pour juger. Il n'y a pas eu que des moments noirs ».

 

En somme, ils sont tous les deux d’accords sur une volonté de valorisation du patrimoine architecturale. C’est du point de vue de la méthode que les avis divergent. Le premier voudrait quasiment nier l’aspect politique et idéologique de ces bâtiments, tandis que le second souhaiterait les utiliser dans une optique de réhabilitation du fascisme.

 

Le débat n’est pas simple et il nous montre à quel point l’histoire (de l’art dans ce cas précis) peut être court-circuitée par la mémoire. Les termes de la polémique sont très bien résumés par l’historien de l’art Giorgio Pellegrini dans la préface du catalogue d'une exposition à Latina, en 2005. Il se demande alors : « Peut-on lire l'architecture des villes de fondation avec des yeux neufs, sans sentir le poids des tragédies qui se sont déroulées derrière les façades de chaque édifice ?", avant d'inviter à dépasser les préjugés "contre ces villes, dites nouvelles et déjà mortes d'un syndrome idéologique ». Le chercheur invite donc à dépasser les conflits politiques pour ne s’intéresser strictement qu’au patrimoine, défini comme l’héritage commun d'un groupe ou d'une collectivité qui est transmis aux générations suivantes. Encore faudrait-il que la communauté se mette d’accord sur la signification de ce legs embarrassant…

 

Jamais à ma connaissance nous n’avions approché de si près le sens littéral des fameux Lieux de mémoire de Pierre Nora. Je n’ai pas le souvenir que de telles polémiques aient éclaté concernant Vichy ou Nuremberg. Peut-être devrait-on y voir un aspect significatif des évolutions politico-mémorielles en Italie ?

 

Affaire à suivre…

 

Monument fasciste de la ville de Pontinia

 

Source : Philippe Ridet, « Sur fond de révisionnisme, l'Italie réhabilite les villes bâties sous Mussolini », in Le Monde, édition du 02 novembre 2008.

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Published by Mickaël Bertrand Mickaël BERTRAND - dans Lieux de mémoire
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