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C'est Quoi ?

  • : Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. ISSN : 2261-4494
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C'est Qui ?

  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.
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Cherche La Pépite

28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 07:38

 

Le 16 octobre 2011, le président des Etats-Unis Barack Obama a inauguré à Washington un monument à la mémoire de Martin Luther King.

 

Martin-Luther-King.jpg

 

La cérémonie transportait une symbolique particulièrement forte, rendant hommage à un acteur essentiel de la lutte contre la ségrégation. Lui-même n'aurait probablement pas pu imaginer que quelques décennies plus tard, c'est un président noir qui viendrait inaugurer un tel monument. 

 

Au-delà de cet aspect évident souligné par les principaux commentateurs, c'est le discours de Barack Obama qui m'a principalement intéressé.

Les historiens savent que leurs confrères américains ont toujours joui d'une écoute particulière à Washington, rejoignant parfois le cercle restreint des conseillers de l'exécutif.

Ce fut le cas du médiéviste Charles Homer Haskins  auprès de Woodrow Wilson au début du XXe siècle. Quelques années plus tard,  Arthur Meier Schlesinger Jr. reprend cette mission auprès de John F. Kennedy. Plus récemment, on peut citer l'exemple de Francis Fukuyama qui n'était pas historien mais qui a fortement marqué l'historiographie mondiale par son essai sur La fin de l'histoire en 1992 et qui a eu des rôles importants dans les administrations Bush.

De manière générale, je crois que nous aurions beaucoup à apprendre des relations que nos confrères entretiennent avec le pouvoir, la justice et les médias aux Etats-Unis. Grâce à une collaboration étroite (qui n'en est pas pour autant naïve), ils parviennent à mieux faire entendre leur voix et contribuent à la promotion des valeurs et de l'utilité de notre discipline dans la compréhension du monde dans lequel nous vivons.

 

Quoiqu'il en soit, difficile de ne pas percevoir les coups de plume d'un historien dans le discours prononcé devant le monument dédié à Martin Luther King. Si l'on essaie de l'identifier plus précisément, il faudra vraisemblablement chercher du côté des laboratoires d'études postcoloniales, voire des subaltern studies. Cet extrait n'y trompe pas et les meilleurs connaisseurs des historiens américains pourront tenter d'y reconnaître un collègue :

"Et enfin, il y a la multitude d'hommes et de femmes dont le nom ne figure jamais dans les livres d'histoire -- ceux qui manifestaient et ceux qui chantaient, ceux qui participaient à des sit-in et ceux qui résistaient debout, ceux qui savaient organiser et ceux qui savaient mobiliser -- tous ces hommes et toutes ces femmes qui, au travers de leurs actes innombrables d'héroïsme tranquille, contribuèrent à faire naître les changements que peu de gens croyaient possibles. « Par milliers, dit le pasteur King, des jeunes gens sans visage, anonymes, tenaces, des Noirs et des Blancs, ont ramené les quatre coins de notre pays vers ces grands puits de démocratie qu'avaient creusés les pères fondateurs en vue de formuler la Constitution et la Déclaration d'indépendance. » À ces hommes et à ces femmes, à ces fantassins de la justice, je dis : sachez que ce moment est aussi le vôtre".

 

Et l'on comprend qu'un tel courant historiographique ait séduit le président Barack Obama en campagne pour sa réélection en 2012. Derrière ces mots réservés jusqu'alors à une poignée d'historiens, c'est la sensibilité de l'électorat traditionnel de Barack Obama qui est touchée. Il est donc fort probable que ce discours efficace soit reproduit dans d'autres circonstances durant la campagne féroce à venir.

 

Les candidats français auront-ils la même stratégie ? Verra-t-on des historiens rejoindre les équipes de campagne dans la course aux présidentielles ? Face à Nicolas Sarkozy qui risque visiblement de continuer à entretenir la plume d'Henri Guaino, la situation devient urgente.

 

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Published by Mickaël Bertrand Mickaël BERTRAND - dans Mémoires et historiens
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