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C'est Quoi ?

  • : Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. ISSN : 2261-4494
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C'est Qui ?

  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.
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Cherche La Pépite

8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 12:26

 

Le vendredi 21 septembre 2012 marquera le 220e anniversaire de l’abolition de la monarchie française par la Convention nationale. Á cette occasion, plusieurs universités et laboratoires de recherche, ainsi que la Société des études Robespierristes ont uni leurs forces pour organiser un colloque scientifique intitulé " 1792, entrer en république".

En parallèle à cette manifestation scientifique, la Société des études Robespierristes a "pensé que l’état présent  de notre République méritait que nous fassions un geste public pour en rappeler les origines". C'est pourquoi elle propose d'organiser un hommage collectif "à l'oeuvre émancipatrice de la Convention nationale, devant le groupe monumental de Germain Sicard, dans la nef du Panthéon" le vendredi 21 septembre à 17h. (Michel Biard , Président de la Société des études robespierristes).

 

Sicard-autel-a-la-Nation-Pantheon.jpg

L'appel de Michel Biard contient vraisemblablement une erreur : le lieu de mémoire qu'il mentionne est probablement l'autel à la gloire de la Convention Nationale de François-Léon Sicard en 1920.

 

L'organisation d'un tel évènement scientifique montre que les commémorations sont désormais un vecteur important de l'écriture de l'histoire. Ainsi, ai-je récemment entendu dire qu'il fallait organiser tel colloque à telle date car les financements seront plus importants si l'évènement est associé à une date commémorative. De même, tel éditeur repousse la sortie d'un livre terminé depuis deux mois car il se vendra potentiellement mieux s'il est lié à une commémoration lui permettant de bénéficier d'une couverture médiatique. J'ai même discuté récemment avec un étudiant plutôt malin m'expliquant qu'il avait choisi son sujet de Master en calculant la date de la fin de son travail et les évènements susceptibles de bénéficier d'une opération commémorative.

Il ne s'agit pas de nier ici une réalité évidente et bien utile dans le succès même de la science historique en France. Cette situation ne doit cependant pas empêcher de mener une réflexion sur les dérives qui pourraient résulter de cette tendance. Nous avons souvent signalé sur ce blog consacré aux questions mémorielles les colloques, les livres et les projets de numérisation d'archives lancés à l'occasion d'un anniversaire commémoratif. Trop souvent cependant, nous avons pu aussi constater que passée la frénésie mémorielle, l'annonce est rarement suivie d'effets et l'attention se porte quelques semaines, voire quelques jours plus tard, vers d'autres commémorations.

Sans prétendre apporter de solutions définitives à cette tendance, nous pensons qu'elle mériterait une attention soutenue de la part de la communauté historienne réfléchissant sur les pratiques et l'avenir de la discipline.

 

D'autant plus que les pressions et surenchères sont nombreuses et importantes dans ce domaine. Peut-on en effet envisager que les historiens restent en dehors des cérémonies commémoratives au prétexte qu'elles constituent une orientation trop dangereuse pour leurs travaux ?

Si nous restons sur la simple question de l'abolition de la monarchie par la Convention nationale, les motifs ne manquent pas. Par exemple, pourquoi la Société d'études Robespierristes a-t-elle choisi de commémorer l'abolition de la monarchie et non pas l'émergence de l'idée république ? N'est-il pas possible de lier cette orientation au  succès grandissant et polémique des thèses de Laurant Deutsch qui, depuis plusieurs mois, déchaîne les passions avec ses travaux consacrés à Paris sous l'Ancien Régime ? Succès de librairie transformé en succès télévisuel, le Métronome de l'acteur qui se voulait historien a tantôt reçu les lauriers de certaines écoles qui l'ont invité à participer à des conférences, et tantôt subit les foudres d'autres qui relèvent avec intransigeance les innombrables erreurs et approximations de l'ouvrage, véhiculant surtout une dimension idéologique favorable à la monarchie, à l'Ancien Régime et à la religion catholique.

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, nous risquons donc de voir surgir à la rentrée des débats assez surréalistes sur la postérité de la monarchie dans l'identité nationale française. Pour l'instant, l'avantage est dans le camp des monarchistes qui ont posé leurs jalons dans les milieux médiatiques, éditoriaux, et même parfois politiques et universitaires.

Deux cent vingt ans après l'oeuvre de la Convention nationale, la bataille entre monarchie et république risque de se rejouer sur le terrain de la mémoire !

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Published by Mickaël Bertrand Mickaël BERTRAND - dans Mémoires et commémorations
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