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C'est Quoi ?

  • : Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. ISSN : 2261-4494
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C'est Qui ?

  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.
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Cherche La Pépite

30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 06:22

 

Abstract : In South-Est of France, two decades after deadly high-speed flood, several prevention measures have been set up. A film is about to be presented at a local scale to sensitize the population facing risk, and to register in the collective memory the history of tragic events.


Au début du mois de septembre 2012, divers articles et manifestations sont venus rappeler les dix ans des inondations des 8 et 9 septembre 2002 dans le Gard. Quelques jours plus tard, la mémoire des vingt ans des crues torrentielles dans le Vaucluse en 1992 était également ravivée.

Ces deux événements meurtriers (41 morts pour l’événement de 1992 et 22 en 2002) ont pour point commun une cinétique rapide. De très fortes pluies tombent sur une zone géographique et une période restreinte, et c’est toute une région qui s’inonde. Cette cinétique rapide, principale source des pertes humaines et matérielles est récurrente dans la Sud-Est même si ces épisodes restent exceptionnels.

 

  Vaison la Romaine, 1992, vidéos amateurs de la crue torrentielle qui a fat 41 morts.

 

 

Vingt ans plus tard, c’est un autre film que les habitants locaux s’apprêtent à voir : De l’eau de la Boue et des larmes,  proposé par l’association Mémoire :

 

De l'eau de la boue et des larmesDe l’eau, de la boue et des larmes

(cliquez sur l'image pour accéder à la vidéo) 

 

Nous ne pouvons d’abord que louer les efforts qui ont été faits tant dans le Gard que dans le Vaucluse, d’un point de vue technique, réglementaire, sociologique et en intégrant une dimension mémorielle à la prévention des catastrophes. Ceci d’ailleurs malgré les signaux contradictoires que les autorités politiques envoient, par exemple en entraînant l’annulation des grands ateliers de l’Isle sur la Sorgue qui devait déboucher sur la création d’un lieu de mémoire des inondations

 

La lecture des articles de presse et le visionnage de la bande annonce du film suscitent plusieurs remarques :

   1) Le souvenir d’événements catastrophiques remonte avec une certaine régularité dans la conscience collective par l’intermédiaire de l’actualité. L’oubli, s’il n’est pas totalement évité est au moins limité.

      2) La vidéo sur la mémoire de la catastrophe de Vaison-la-Romaine est a priori une  bonne initiative, porteuse de sens et de conviction. Elle peut être rapprochée de l’initiative menée par l’Institut pour l’Histoire et la Mémoire des Catastrophes (Ihmec) que nous avions déjà évoquée sur ce site. Dans ces deux entreprises mémorielles, les témoignages sont utilisés comme des outils de prévention : « Pour que perdure cette mémoire, des cafés seront installés à l’issue de chaque projection pour que les habitants puissent continuer d’échanger sur les traces laissées par ce drame et des cahiers seront à leur disposition pour écrire leurs souvenirs, des livres qui seront ensuite remis aux archives départementales du Vaucluse ».

     3) Ces différentes initiatives ont contribué à augmenter le nombre de communes qui se conforment à leur obligation de mise en place d’un plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) visant à limiter la construction en zone inondable.

     4) Ceci est à mettre également en relation avec l’engagement de l'Etat dans la prévention des crues torrentielles. Ce dernier a en effet publié en février 2011 un rapport intitulé Plan de submersion rapide, Submersion marine, crue soudaine et rupture de digue. 

 

En revanche nous souhaiterions apporter une précision sur les termes qui sont employés dans chacun des communiqués autour de la mémoire des inondations du Gard et du Vaucluse  et plus précisément autour de l’expression « Culture du risque ».

Ces mots relèvent d’un véritable non-sens idéologique. Certes, il faut que chacun soit au fait des risques auxquels il est exposé, et qu’il assimile la prévention dans sa vie quotidienne. Néanmoins il ne saurait être question que les risques s’inscrivent comme une fatalité dans une culture collective par le biais des réminiscences mémorielles. En somme, oui à la connaissance du risque ! Oui à une culture de la prévention ! Mais non à une culture du risque qui se contenterait de raviver régulièrement la mémoire des catastrophes. 

Arnaud Mangematin et Mickaël Bertrand

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Published by Mickaël Bertrand Mickaël BERTRAND - dans Mémoire des catastrophes
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