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C'est Quoi ?

  • : Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. ISSN : 2261-4494
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C'est Qui ?

  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.
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Cherche La Pépite

3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 09:06

 

Je poursuis le passage de relais de l’excellente initiative du Nouvel Obs et de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) qui se sont associés dans une démarche fructueuse pour offrir une perspective historique et médiatique à des sujets d’actualité. Bien entendu, il s’agit là d’une approche insuffisante qui nécessite ensuite l’approfondissement par d’autres sources historiques ; mais cette entrée par les médias présente souvent de nombreux intérêts.

Ces dernières semaines, deux sujets ont particulièrement attiré mon attention :

   - L’histoire du Front de Libération National (FLN) algérien.

   - La propagande française antisémite dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale.

 

L’histoire du Front de Libération National (FLN) algérien.

C’est à l’occasion de la sortie du dernier film polémique de Rachid Bouchareb, Hors la loi, que cet article a été préparé. N’ayant pas encore vu ce film, il m’est impossible d’en faire ici une critique. J’avais déjà attendu plusieurs années avant de me décider à louer son précédent film : Indigènes. Non pas que je sois réticent à son cinéma, mais parce que j’avais détesté sa prétention étalée sur tous les plateaux de télévision à vouloir écrire l’histoire et imposer sa lecture individuelle (et somme toute subjective) par l’intermédiaire du cinéma. Encore une fois, les historiens en prenaient pour le grade et l’éternelle accusation était utilisée : « Vous n’avez pas fait votre boulot ! ».

Je suis bien d’accord pour affirmer que l’histoire de la guerre d’Algérie est encore trop largement méconnue mais… est-ce vraiment surprenant ? Cette période appartient encore à un épisode très chaud de l’histoire du temps présent, les sources ne sont pas encore toutes disponibles, et les jeunes historiens qui prétendraient se lancer dans cette aventure intellectuelle se retrouvent très rapidement embourbés entre les sillons mémoriels des différentes interprétations militantes parfois très violentes, dont celle de M. Bouchareb. Si M. Bouchareb souhaitait tant connaître la vérité sur cette période de l’histoire, je l’inviterais volontiers à tenter d’éteindre ces vaines polémiques qu’il allume à chacun de ses films. Certes, le chiffre d’affaire de son box-office risque de s’en trouver d’autant plus diminué, mais sa contribution à l’écriture d’une histoire apaisée serait peut-être davantage efficace.

Quoiqu’il en soit, les archives ainsi mises en en valeur par le Nouvel Obs et l’INA permettent au lecteur de découvrir des documents intéressants sur les évènements et les acteurs principaux de ce dossier qui a empoisonné comme un fil rouge la IVe et la Ve République. C’est pourquoi nous attendons tous avec impatience la création de cette Fondation pour la Mémoire de la Guerre d’Algérie annoncée la semaine dernière (samedi 25 septembre 2010) par le Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants Hubert Falco (voir à ce sujet l’analyse que je fais de cette annonce dans mon article précédent, notamment sur l’intérêt que nous aurions plutôt à qualifier cette création de Fondation pour l’Histoire et la Mémoire de la Guerre d’Algérie).

INA-Algerie.jpgCliquez sur l’image pour atteindre l’article

 

 La propagande française antisémite dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale.

Le second dossier rappelle un anniversaire généralement oublié (en tout cas, certainement pas célébré) : celui de l’adoption par le régime de Vichy du premier « statut des Juifs de France » le 3 octobre 1940.

Ces documents m’ont particulièrement intéressé car ils montrent dans leur progression chronologique la naissance, puis la mise en place, d’une propagande qui s’installe presque sans contestation, à grand renfort de moyens, et notamment grâce aux célèbres « Actualités » qui sont ensuite relayées par des films, des expositions, des affiches, etc.

Au-delà des informations tirées de ces reportages, il y a peut-être, et surtout, un enseignement à retenir : celui que nos médias sont une arme redoutable pour façonner l’opinion. Ainsi, aujourd’hui, l’une des principales formations citoyennes devrait probablement consister en l’apprentissage d’une lecture critique des médias pour que jamais plus les hommes ne puissent être entraînés par un mouvement (qu’il soit extrême ou pas) visant à dicter leurs pensées et leur conduite. Autant dire tout de suite que l’évolution récente des médias français me laisse penser que cette ambition est non seulement toujours utile, mais d’autant plus urgente…

Ces reportages ici rassemblés nous paraîtrons grossier tant leur message nous semble aujourd’hui dépassé. N’oublions pas cependant qu’ils ont été vus et appréciés par la société de leur temps. Il est fort probable que nos successeurs regarderont avec un œil tout aussi critique et étonné la forme et le contenu de nos actualités contemporaines, en se disant : « Comment n’ont-ils pas vu venir ce qui les attendait ? »

INA-Statut-des-Juifs.jpgCliquez sur l’image pour atteindre l’article

 

Je réserve une mention spéciale au septième reportage de ce dossier intitulé : « Français, vous avez la mémoire courte ». Il me permet de boucler la boucle de cet article en revenant sur la mémoire de la guerre d’Algérie. Si la mémoire d’un évènement peut en effet s’allonger ou se raccourcir au bon vouloir des discours militants qui mobiliseraient ainsi ce qui conviendrait le mieux à leur discours… mieux vaut encore et toujours se tourner vers l’Histoire, fût-elle de la mémoire !

 

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Published by Mickaël Bertrand Mickaël BERTRAND - dans Mémoires et médias
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