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C'est Quoi ?

  • : Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. ISSN : 2261-4494
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C'est Qui ?

  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.
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Cherche La Pépite

27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 21:03

 

Après trois ans d'existence et plus de 200 articles, je suis heureux d'accueillir sur ce site un nouveau rédacteur qui viendra régulièrement alimenter une nouvelle catégorie consacrée au sujet passionnant des mémoires des catastrophes.

Bienvenue donc à lui et à tous ceux qui voudront nous rejoindre pour partager leurs connaissances et leurs compétences autour des thématiques mémorielles.

 


 

Abstract: Everyone remember the huge devastating tsunami that occured in end December 2004. It made 90 000 victims in Banda Aceh; and only seven in Simeulue thanks of the memory of similar past-event in 1907. Simeulue’s population was aware of the best way to react facing such disaster, which allowed saving lives. 

 

La question du lien entre société, mémoire et catastrophe a déjà été évoquée  sur ce blog. Nous nous proposons, à travers une nouvelle série d’articles, de l’approfondir en ouvrant  une nouvelle catégorie

Nous pourrons aborder le sujet d’au moins trois façons différentes mais pas antinomiques :

   1. Apprécier le souvenir qu’une société a des catastrophes qui l’ont affecté ;

  2. Observer les bénéfices que tire une communauté qui cultive la mémoire des événements catastrophiques passés ;

   3. Analyser les différentes façons d’entretenir la mémoire des catastrophes.

 

Le cas de Simeuleu, petite île indonésienne touchée par le tsunami du 26 décembre 2004 en Asie du Sud-Est, nous permet d’évoquer le deuxième aspect.

 

Simeulue 1


Simeulue-2.png

Rappelons que le tsunami a été causé par un séisme sous-marin dans l’océan Indien. D’une magnitude de 9,3 sur l’échelle de Richter, c’est l’un des tremblements de terre les plus violents jamais enregistré. Les vagues gigantesques qui ont ensuite déferlé dans toute la région ont causé la mort de plus de 250 000 personnes. L’Indonésie est le pays le plus touché totalisant 170 000 décès dont 90 000 dans la province de Banda Aceh, où plus d’un quart de l’agglomération est rasée

 

Banda-Aceh.jpgBanda Aceh après le tsunami.

Seules restent la grande mosquée et les dalles qui indiquent l’emplacement des constructions ( National Geographic, 14 janv. 2005)

 

Dans l’archipel indonésien, à l’Ouest de Banda Aceh, Simeulue est une île bien plus petite que Sumatra, mais tout aussi exposée aux aléas tsunamis. Pourtant, seulement (sic) sept personnes sont mortes ce jour de décembre 2004. Certes, il y avait moins d’habitants à Simeuleu qu’à Banda Aceh, mais ce n’est pas la raison principale.

 

Dans Tsunarisque, le film réalisé sur le programme éponyme d’un consortium franco-indonésien de scientifiques, un habitant de Simeulue témoigne :

Tsunarisque.pngClisquez sur l'image pour voir le film

 

Selon ce témoignage d’un homme qui dit avoir 105 ans (en 2006), l’île de Simeulue a déjà connu un tsunami important en 1907 au cours duquel la mer s’est retirée et une vague gigantesque s’est abattue sur l’île : « Quand l’eau s’est retirée, tout était rasé, il y avait des dauphins des requins et des crocodiles dans les rizières […] il y avait même des cadavres dans les arbres ».

Depuis, l’histoire du tsunami de 1907 est transmise, comme une légende, souvent lors d’une tempête – un événement exceptionnel en rappelant un autre – de père en fils.

Les habitants de l’île savent qu’un séisme, fréquent dans la région, n’annonce pas toujours un tsunami, mais que le retrait brusque de l’eau est l’annonce d’un tsunami et qu’il faut courir dans les montages se mettre à l’abri.

 

A Banda Aceh en revanche, une rescapée affirme que « personne ne savait qu’un séisme pouvait provoquer un tsunami ». Ainsi, lorsque la mer s’est retirée brusquement et a laissé sur le sable des poissons qui ne demandaient qu’à être ramassés, nombreux sont ceux qui, parmi une population dont une frange non-négligeable vit sous le seuil de pauvreté, ne se sont pas souciés du danger et se sont pour la plupart fait emporter par les trains de vagues qui sont arrivés à une vitesse de 50 km/h cinq minutes seulement après le retrait de la mer.

 

Et pourtant l’événement du 26 décembre 2004 n’est pas un événement isolé.

Il est exceptionnel par son ampleur, mais il s’inscrit dans la liste d'une trentaine de tsunamis meurtriers enregistrés depuis les années 1960 dans l’archipel indonésien. Il apparait donc clairement qu’il y a un manque de connaissances sur les risques naturels auxquels sont exposées des populations autochtones.

On peut d’ailleurs ajouter que la situation géographique et géomorphologique de l’île de Simeulue permettait de rejoindre rapidement un espace de protection en hauteur, ce qui n’est pas le cas de Banda Aceh où très peu de bâtiments ont résistés, et où les vagues ont pu atteindre encore 20 mètres de hauteur à un kilomètre à l’intérieur des terres.

 

Ceci illustre parfaitement l’intérêt d’entretenir une mémoire des événements catastrophiques passés. Non seulement dans leurs effets pour garder en mémoire le danger que l’aléa représente, mais aussi le déroulement de l’événement afin que la population exposée soit capable de reconnaître les signes annonciateurs de la catastrophe et adopte un comportement adapté. Il faut évidemment pour cela qu’elle ait reçu une information suffisante de la part des pouvoirs publics, ou d’autres entités.

 

Arnaud MANGEMATIN

 

A lire pour de plus amples informations : Culture des catastrophes, culture des risques (Benjamin PELLETIER)

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Published by Mickaël Bertrand Mickaël BERTRAND - dans Mémoire des catastrophes
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