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C'est Quoi ?

  • : Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. ISSN : 2261-4494
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C'est Qui ?

  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.
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Cherche La Pépite

8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 06:36

 

Durant la campagne électorale, de nombreux historiens se sont engagés et ont apporté leur soutien à différents candidats. Cette implication est significative au regard du précédent quinquennat qui a été particulièrement néfaste pour l'histoire. Bilan. 

 

Méthode 1 : Le pamphlet politique

L'initiative la plus érudite revient à Jean-Noël Jeanneney dans l'Etat blessé (Flammarion, mars 2012). Quelques semaines avant l'échéance électorale, cet historien qui n'a jamais fait mystère de ses affinités socialistes décide d'utiliser l'arme qu'il manie le mieux : la plume.

Au fil des pages, il dresse le bilan du quinquennat qui s'achève en rappelant avec une remarquable précision les différents arrangements que Nicolas Sarkozy s'est autorisé avec les traditions et pratiques républicaines : distribution généreuse des légions d'honneur, arrangements avec la Constitution, remise en question de la séparation des pouvoirs, rapport décomplexé avec l'argent en contradiction avec le traditionnel service désintéressé de l'Etat... Autant d'exemples recensés, analysés et mis en perspective par l'historien qui constituent au final un formidable bilan institutionnel du candidat sortant. 

La particularité de cet essai repose sur la distance critique qu'adopte Jean-Noël Jeanneney tout au long de son exposé. Si le portrait est uniquement à charge, il ne sert pas d'autres candidats challengers, sinon le parti de la République.

 

L-Etat-blesse.jpg

 

Méthode 2 : L'Appel des militants

Si la carrière et les responsabilités de Jean-Noël Jeanneney lui permettent une telle initiative individuelle, d'autres ont préféré l'action collective sous la forme d'un appel.

La plupart du temps, les historiens se joignent assez volontiers à la signature de différentes pétitions et autres appels, quand il n'en sont pas carrément à l'initiative. Cela a été le cas dans l'entre-deux tours dans une tribune des intellectuels et des artistes en soutien à Nicolas Sarkozy publiée dans Le Point. Parmi les vingt signataires, on retrouve les noms d'Antoine ARJAKOVSKI et d'Emmanuel LE ROY LADURIE.

Pour la campagne de 2012, un appel original a cependant fait son apparition sous la forme d'un Front de gauche des historiens initié par Nicolas DUSSERRE, Rodolphe POURRADE et Olivier LOPEZ. Ce texte diffusé à partir de la fin du mois de mars 2012 est une dénonciation "du traitement médiatique et politique de l'Histoire" et un corpus de revendications en faveur de cette discipline. Il a d'ailleurs essentiellement été signé par quelques dizaines d'enseignants d'histoire-géographie dans le secondaire.

L'objet n'a pas été cependant sans susciter quelques réflexions, remarques, voire réticences de la part de collègues qui s'interrogent sur la politisation de leur métier. L'Association des Professeurs d'Histoire-Géographie (APHG) s'est en effet fortement engagée contre la politique actuelle lors de son Assemblée Générale en janvier 2012 et les différentes discussions sur les forums témoignent d'une forte attente de cette issue électorale.

Fallait-il pour autant s'attacher à un parti ? La question ne s'est finalement pas posée puisque cet appel est resté relativement discret.

 

Méthode 3 : l'engagement personnel

Dans cet mobilisation citoyenne, un historien s'est illustré par son engagement médiatique : Nicolas OFFENSTADT.

Médiéviste qui ne s'interdit pas de travailler sur l'époque contemporaine, maître de conférence à l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, il est également présent dans différents projets éditoriaux (Monde des Livres, correspondant  à L'Histoire) et dans différents collectifs de recherche.

Son engagement ne se résume pas à la campagne présidentielle. Il a notamment codirigé avec Laurence De Cock, Fanny Madeline et Sophie Wahnich un ouvrage collectif consacré aux rapports de Nicolas Sarkozy avec l'Histoire de France que nous avons déjà évoqué sur ce blog. Il s'est également exprimé publiquement lors de l'occupation de la Sorbonne en 2009 en contestation à la réforme des Universités. Depuis, il n'a jamais vraiment lâché le micro des journalistes qui le sollicitent très régulièrement puisqu'il est un des rares collègues qui accepte de s'exprimer autant dans les médias.  

Durant la campagne, il a régulièrement pris position de façon ferme et critique à l'encontre du président Sarkozy... et a finalement signé un appel à voter François Hollande dans l'entre-deux tours avec de nombreux autres personnalité du monde de la recherche et des arts, dont plusieurs historiens . 

 

D'où la conclusion suivante : Quelle sera la place de l'histoire et des historiens sous la présidence de François Hollande ? 

A l'issu de ce bref panorama, nous pouvons affirmer sans trop prendre de risque que la plupart des historiens ont été anti-sarkozystes. Doit-on pour autant considérer qu'ils ont été (et seront) pro-Hollande ?

L'entourage actuel du Président ne permet pas vraiment de répondre à cette question. Comme nous l'avions noté dans un précédent article, François Hollande n'a montré pour l'instant qu'un intérêt modeste pour cette discipline et ses "plumes" ne se sont pas illustrées pour le moment par une culture historique aussi érudite (quoique contestable et contestée) d'un Henri Guaino ou d'un Patrick Buisson.

Quitte à faire mentir quelques titres de la presse quotidienne, la présidence de "François II Hollande" se distinguera probablement et notamment de celle de "François Ier Mitterrand" par cette relation personnelle différente que les deux hommes entretiennent avec l'Histoire et qui n'est pas sans influence sur les décisions, le regard sur le monde et la volonté d'inscrire sa politique dans le temps.

 

Nous serons attentif durant les cinq prochaines années sur ce blog à cet aspect précis de l'exercice du pouvoir par notre nouveau président de la République. Très rapidement, des questions concrète vont d'ailleurs se poser sur l'avenir de la Maison d'Histoire de France, le rétablissement de l'enseignement de l'Histoire en Terminale scientifique, la résurgence de la loi de pénalisation de la négation du génocide arménien...

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Published by Mickaël Bertrand Mickaël BERTRAND - dans Mémoires et politique
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