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C'est Quoi ?

  • : Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. ISSN : 2261-4494
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C'est Qui ?

  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.
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Cherche La Pépite

18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 09:33

Mémorice Président

 

Nous attendions cette déclaration depuis longtemps. A un moment ou à un autre, les candidats à l'élection présidentielle se sont tous prononcés sur l'enseignement de l'histoire en France... à l'exception de l'extrême-droite qui demeure très évasive sur le sujet.

 

Pourtant,  un ouvrage récent que nous avons évoqué sur ce blog met en valeur la culture historique de l'actuel président d'honneur du Front National et père de la candidate du parti. 

 

Pourquoi donc un tel silence sur l'enseignement de l'histoire d'un pays dont on entend prendre le pouvoir ?

 

Marine Le Pen a apporté quelques minces éléments de réponse samedi 17 mars 2012 lors d'un meeting en Corse où elle a fait l'apologie des "valeurs ancestrales qui sont aussi les valeurs primordiales de notre civilisation" ( tiens, cela me rappelle un autre discours...) :

 

 

 

Après avoir flatté ses auditeurs en rappelant leur rôle dans l'histoire de notre pays (en évoquant au passage l'empire colonial français), elle fait deux propositions simples : "l'apprentissage de l'histoire du territoire de chaque région dans les programmes scolaires" et "la création d'un Institut National du Patrimoine".

 

Difficile pour le moment de savoir à quoi cela correspond vraiment puisque la plupart des journalistes ont esquivé cette question des enjeux historiques et mémoriels de leurs interviews.

Concernant le premier point, nous pouvons tout de suite répondre à Marine Le Pen. Sa proposition est déjà mise en application par les programmes officiels qui, régulièrement, invitent les enseignants d'histoire à choisir des exemples locaux susceptibles d'éveiller la curiosité des élèves.

Concernant l'Institut National du Patrimoine, nous restons davantage perplexe. Ce projet a-t-il pour ambition de se substituer à l'actuelle Maison d'Histoire de France ou bien de créer une nouvelle institution ? Dans quel but ? Avec quelques présupposés idéologiques ?

 

L'histoire a cet avantage de permettre à la plupart des candidats de convoquer à la tribune les figures et les thématiques qui réveillent la fierté nationale et le sentiment patriotique. Marine Le Pen a semble-t-il décidé de jouer l'originalité et d'apparaître là où ne nous l'attendions pas. En s'adressant directement aux Corses et en leur promettant de favoriser leurs "valeurs ancestrales", elle ouvre la boîte de Pandore des communautarismes. Comment ne pas promettre ensuite aux Basques, aux Bretons et aux Alsaciens les mêmes attentions ? Comment ne pas envisager non plus d'accorder de tels honneurs aux Juifs et aux Musulmans de France qui, par milliers, ont contribué à l'histoire nationale ?

 

A vouloir taper trop fort sur la mondialisation et les technocrates européens, l'argumentaire de Marine Le Pen se radicalise autour des particularismes, voire des communautarismes, qui pourraient réveiller quelques revendications indépendantistes.

 

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Published by Mickaël Bertrand Mickaël BERTRAND - dans Mémoires et politique
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commentaires

JP Bertrand 22/03/2012 08:53


Bonjour,


bigre, vous lire dans une paraphrase de Sarkozy, cela fait un choc :


« Quand on aime la France, on ne propose pas de ratifier la charte des langues régionales qui n’a pas pour but de faire vivre les langues régionales dans lesquelles je crois, mais de reconnaitre
des droits linguistiques à toutes les minorités et de les placer sous le contrôle d’une Cour européenne qui jugera sans tenir compte de notre histoire nationale et de notre tradition
républicaine. C’est le communautarisme qui est au bout du chemin et pas la défense d’un magnifique patrimoine de langues et de cultures qui font la richesse de notre pays. » 


Bien, sur, je sais que vous n'étes ni Slama, ni Fourest ou Onfray, ni Sarkozy d'ailleur. Je sais aussi que le dernier paragraphe de votre billet est une interrogation, pas le developpement d'un
argument, mais quand même, crier au « communautarisme », voir à « l'indépendantisme », cela fai un choc, surtout quand je rentre d'une reunion ou des « hetero » voulait me « renvoyer » « chez moi
» , c'est à dire París-L€ Marai$.


C'est une provocation de ma part, de présenter ainsi les choses, mais quand même, c'est la réaction à un choc.


Comme je ne suis pas un bon rédacteur en français, j'ai mis un paragraphe d'une personne talentueuse et le lien pour retrouver l'intégralité de son billet (même si je ne partage pas entièrement
sa vision). Dans mon lien vers mon cibercaier, il y a les déclarations de Sarkozy, la fille la Haine et du Mélenchon-Tse-Toung.


[...]


C'est ça, les Français qui m'énervent. Eux, c'est la norme, c'est pas de l'identité particulière, mais des valeurs universelles, c'est pas catholique mais laïque. La langue française est la
langue de la république, la langue basque c'est du communautarisme. Le dimanche férié, c'est laïc. Le poisson le vendredi à la cantine, c'est laïc. Le lundi de Pâques férié, la Toussaint fériée,
Noël férié, tout ça c'est laïc ; et c'est le reste qui est religieux, le hallal, pas manger du cochon, le voile et tout ça. Mon instituteur ne m'a rien appris de l'histoire et de la géographie
des trois quarts de mon pays, le Pays Basque, de ce qui se passait à dix kilomètres de chez moi, parce que ce n'était plus la France, parce que son univers mental s'arrêtait dix kilomètres plus
loin, à la frontière, et à part ça, c'est les Basques qui sont communautaristes et les Français qui sont universels.


 [...]


http://www.minorites.org/index.php/2-la-revue/1278-sarko-a-bayonne-c-etait-nous-aussi.html


Cordialement,


JP Bertrand

Mickaël BERTRAND 24/03/2012 12:04



Cher monsieur,


Je vous remercie tout d'abord d'avoir pris le temps d'apporter votre réaction à cet article et je m'excuse de cette modération trop tardive en raison d'une semaine particulièrement chargée.


Comme vous le précisez au début de votre message, je ne suis ni Slama, ni Fourest, ni Onfray, ni Sarkozy. Dans cet article, je m'étonne surtout de constater que c'est la candidate du Front
National qui propose de valoriser l'histoire régionale alors que cette proposition pourrait être considérée sur plusieurs points comme contradictoire avec son positionnement idéologique.


En revanche, j'évite moi-même d'adopter une position trop tranchée sur ce sujet car je trouve le débat inutile.


Il est bien entendu utile d'aborder régulièrement en classe d'histoire des exemples régionaux. Un simple regard rapide sur les ressources des différents sites académiques permet de constater que
la plupart de mes collègues sont convaincus de cette pratique.


Néanmoins, les professeurs d'histoire sont aussi ceux de la République et ils ont pour mission de délivrer un enseignement national susceptible de contribuer à la formation du citoyen éclairé. Il
est donc tout aussi normal qu'une grande partie de nos programmes soit consacrée à l'histoire nationale, sans que cela entre en contradiction avec des développements régionaux.


Enfin, comme j'ai eu l'occasion de le rappeler en d'autres
circonstances, l'ouverture de notre enseignement à une histoire européenne et mondiale est aujourd'hui une nécessité. On peut difficilement continuer à expliquer aux élèves en géographe que
le monde est désormais interconnecté et qu'ils auront probablement à se positionner face à cette réalité durant leur carrière professionnelle, et continuer l'heure suivante à n'enseigner que
l'histoire de leur pays sans leur permettre de comprendre que d'autres ont une culture tout aussi riche.


Les trois dimensions peuvent à mon avis être développées sans contradiction... à la seule condition bien sûr de laisser encore un peu de temps à l'enseignement de l'histoire dans la scolarité des
élèves. On entre ici dans un débat qui mêle étroitement des choix économiques ET idéologique.