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C'est Quoi ?

  • : Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. ISSN : 2261-4494
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C'est Qui ?

  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.
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Cherche La Pépite

3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 14:03

 

Présenté comme une fresque historique de l'Algérie française à la veille de la décolonisation, Ce que le jour doit à la nuit est le dernier film d'Alexandre Arcady actuellement en salle.

 

Ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit.jpg

 

"Tous les horizons du monde deviennent notre mémoire !".

Avec une phrase d'accroche aussi ambitieuse, on aurait pu s'attendre à une profonde réflexion sur les mémoires croisées, conflictuelles ou complémentaires de la Guerre d'Algérie. Il n'en est rien.

De cette histoire tournée comme une saga d'été, on ne retient finalement que la tragique histoire d'amour entre Younes/Jonas (jeune algérien déchiré entre ses racines familiales et ses amitiés européennes) et Emilie (française petite bourgeoise dont la famille possède d'immenses propriétés en Algérie).

Le contexte ne joue qu'un rôle de prétexte dans ce film qui constitue l'adaptation cinématographique du roman de Yasmina Kadra. La présence coloniale est résumée à des contrôles policiers abusifs ainsi qu'aux mauvais traitements infligés aux employés algériens par de jeunes Européens à la richesse aussi ostentatoire que leur insouciance. Certes, Younes est accepté dans le groupe, mais c'est au détriment de son prénom transformé en Jonas et au profit de son oncle pharmacien dont l'argent permet d'entretenir un mode de vie européen.

La caricature disneylandisée se transforme en chef d'oeuvre du genre au moment où la guerre explose : les jeunes Européens se désolent alors de devoir quitter la bonbonnière dans laquelle ils ont grandi, quand les Algériens exultent de joie à leurs côtés, sans qu'on ait présenté à aucun moment les enjeux de l'émergence d'une revendication nationale.

Quelques scènes témoignent certes de la violence historique du conflit, mais c'est pour mieux entretenir le pathos de l'histoire romancée. Les propos politiques sont quasiment inexistants dans le film, comme si le réalisateur avait eu peur de prendre position ou bien de perdre une partie des spectateurs.

L'apothéose est finalement atteinte au dénouement lorsque la bande d'amis se retrouve bien des années plus tard, dépassant ainsi les conflits entre les Algériens restés au pays et les Européens (qu'ils aient défendu l'Algérie française ou l'indépendance). Le pardon est alors présenté comme le remède à la rancoeur et toute cette bien-pensance n'est jamais très loin de soulever le coeur.

Le pari semble néanmoins rempli lorsque la lumière se rallume et qu'autour de moi, j'aperçois les chaudes larmes des spectateurs âgés et visiblement bouleversés d'avoir revu les horizons qu'ils ont jadis parcouru et que leur mémoire semble avoir idéalisé au point de regretter qu'un tel monde ne soit plus.

C'est seulement à ce moment que j'ai vraiment compris le sens de la première phrase du film...

 

 

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Published by Mickaël Bertrand Mickaël BERTRAND - dans Mémoires et Guerre d'Algérie
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