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C'est Quoi ?

  • : Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. ISSN : 2261-4494
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C'est Qui ?

  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.
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Cherche La Pépite

28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 11:56

 

Les expériences liées à la mémoire n’en finissent d’étonner tant elles sont riches et diverses. Memoro n’est cependant pas une action supplémentaire qui viendrait s’ajouter aux projets déjà bien nombreux d’histoire orale liés à la Seconde Guerre mondiale. Cette initiative mise sur la participation active et volontaire des internautes qui s’emparent de cet outil.

 

Memoro-copie-2.pngPage d'accueil du site Memoro.org : cliquez sur l'image

 

 

Un projet participatif

Le projet est né en 2008 à Turin par l’initiative de quatre jeunes Italiens particulièrement dynamiques et entreprenants. Valentina Vaio, Luca Novarino, Lorenzo Fenoglio et Franco Nicola ont décidé de réactualiser la pratique ancienne et initiatique du parcours de la mémoire auprès des anciens.

Son principe est simple : pourquoi conserver dans notre seule mémoire individuelle (et faillible) les histoires de nos grands-parents alors que les évolutions technologiques permettent désormais de les mettre en valeur, les conserver et les partager avec la planète entière tout en contribuant modestement à l’écriture d’une histoire mondiale ?

Il ne s’agit donc pas d’une activité strictement liée à un évènement ou une période historique précise, financée par des organismes à la philanthropie sélective. Sur Memoro, ce sont les acteurs et les utilisateurs qui décident de la valeur d’un témoignage et de son utilisation. La seule contrainte temporelle consiste à ne sélectionner (pour l’instant) que des témoignages de personnes nées avant 1950.

 

Une mémoire internationale

L’une des autres richesses de ce projet repose sur la croyance en une valeur universelle de la mémoire. Dès lors, la dimension internationale s’est rapidement imposée et des liens ont été tissés entre les chasseurs de mémoire d’Italie et d’autres passionnés en Allemagne, Espagne, France, Royaume-Uni, Argentine, Puerto Rico, Venezuela, États-Unis, Japon et enfin au Cameroun. Cette liste déjà impressionnante est appelée à s’étendre encore davantage dans les prochains mois (en Suisse, Belgique, Pologne, Grèce, Maroc, Namibie, Malawi, Suède, Australie, Chine). Elle témoigne pourtant déjà d’une diversité intéressante qui contourne les limites d’une mémoire souvent strictement nationale, voire locale ou communautaire.

On peut cependant regretter que le site ne permette pas encore d’effectuer une recherche sur l’ensemble des réseaux nationaux à partir d’un mot-clef tapé en anglais. Ce sera peut-être l’une des évolutions à proposer dans les années à venir.

 

Une réflexion profonde et sérieuse sur l’histoire et la mémoire

Autre aspect très pratique de Memoro : le format très court et thématique des vidéos mises en ligne. Sur ce site, pas de discours fleuves et de témoignages filés. Les intervenants acceptent de relater un souvenir précis de leur vie, quitte ensuite à multiplier pour un seul témoin les vidéos qui lui permettront de recenser tous les évènements importants qu’il souhaite partager.

Certes, nos amis sociologues avanceront probablement les limites et les failles d’une telle procédure, et ils auront raison. Un bon témoignage n’est exploitable que lorsqu’il est placé dans son contexte d’élocution et de mémoration. Néanmoins, malgré toutes ces précautions méthodologiques, un souvenir n’en devient jamais pour autant infaillible. Ce cadre est parfaitement assumé par les concepteurs du site qui ne prétendent pas faire œuvre d’histoire et se spécialisent sans regret dans une entreprise de mémoire.

Ce choix ne signifie pas pourtant que Memoro est une réalisation d’amateurs nostalgiques. Au contraire, les choix méthodologiques et scientifiques sont mûrement réfléchis en amont. L’organisation du site est sérieuse et répond aux exigences du projet et des utilisateurs. Enfin, les concepteurs et participants ont le souci de diffuser et de rendre utiles leurs travaux. Progressivement, des partenariats sont donc passés avec des entreprises, des institutions, des médias, voire des universités pour enrichir le projet, le perpétuer, et surtout, rendre disponible ses milliers d’heures de témoignages à tous ceux qui veulent s’en emparer.

 

Vers une nouvelle forme de tourisme mémoriel

Enfin, Memoro ne se contente de collecter et de collectionner les mémoires comme le ferait un lépidoptérophile en épinglant ses papillons sur un mur de liège. Par l’intermédiaire de ce projet, ces initiateurs ne veulent pas seulement donner de la matière aux historiens. Ils croient aussi fermement dans la possibilité de rapprocher les hommes par la mémoire.

A l’échelle internationale tout d’abord, on ne peut que constater que la mémoire d’un soldat italien engagé dans l’armée mussolinienne, mobilisé dans l’occupation du sud de la France durant la Seconde Guerre mondiale, avant d’être fait prisonnier par les Nazis, permet de relativiser l’écriture d’une histoire bien trop souvent nationale.

A l’échelle nationale ensuite, la rencontre d’un reporter et du témoin permet également de créer une alchimie intéressante entre les générations qui prennent conscience, le temps d’une interview, d’être les outils d’une mémoire qui se transmet. Le public scolaire pourra donc trouver sur ce site non seulement des ressources pour apprendre, mais aussi des activités pédagogiques à placer sous le signe de la mémoire et de l’histoire.

Enfin, à l’échelle locale, Memoro permet l’organisation de véritables « tours de la mémoire » durant lesquels des équipes partent pendant quelques jours à la rencontre des témoins d’une région. Encore une fois, le site innove en proposant une nouvelle forme de tourisme mémoriel, participatif et citoyen.

 

Rendez-vous à l’adresse suivante : http://www.memoro.org/

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Published by Mickaël Bertrand Mickaël BERTRAND - dans Mémoires et médias
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