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C'est Quoi ?

  • : Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. ISSN : 2261-4494
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C'est Qui ?

  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.
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Cherche La Pépite

26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 17:23

 

Depuis une semaine, le Nouvel Observateur propose une série d’articles très intéressants sur le rapport de Nicolas Sarkozy à l’histoire. Nous avons souhaité en savoir davantage en contactant la journaliste à l’origine de cette enquête en plusieurs épisodes : Audrey Salor.

 

Cette série est composée de plusieurs thématiques qui ont ponctué le quinquennat de l’actuel président de la République :

    1.   Quand Sarkozy drague Blum, Guy Môquet et "la pucelle" ou comment ratisser large en pratiquant aussi l'ouverture vers les références historiques nationales au-delà de leur rattachement idéologique traditionnel.

    2.  Maison de l'histoire de France : le soupçon de l'identité mythifiée ou comment tenter d'institutionnaliser une lecture politique et partisane de l'histoire nationale.

   3.  Génocide arménien : un enjeu de mémoire opportun pour Sarkozy ou comment installer le soupçon d'une instrumentalisation de l'histoire et de la mémoire au profit d'enjeux électoraux.

 

Audrey Salor nous annonce que deux autres articles paraîtront prochainement : l'un sur la proposition de Nicolas Sarkozy en 2008 de faire  parrainer la mémoire des enfants victimes de la Shoah par des écoliers de CM2 ; l'autre constitué d'une interview d'un historien sur les rapports de Nicolas Sarkozy avec l'histoire (l'interview de Christian Delporte a été finalement publiée le 28 mars 2012). 

Nous regrettons cependant que Nicolas Sarkozy lui-même, ou bien Henri Guaino et Patrick Buisson, ses plus fidèles conseillers dans ce domaine, n'aient pas été sollicités dans le cadre de cette enquête. Il aurait en effet été intéressant de savoir quel regard ces acteurs portent sur leur politique historique et historienne.  Audrey Salor précise néanmoins à juste titre qu'en cette période électorale, il aurait été difficile d'obtenir une lecture critique et sincère de l'action présidentielle.

 

Malgré tout, il est possible de dresser les principales esquisses d'un bilan.

 

J'ai été particulièrement intéressé par cette série car c'est un peu grâce à l'actuel président de la République que l'idée de ce blog a émergé. Quelques mois après son élection, le constat de rapports inédits entre le chef de l'Etat et l'histoire du pays qu'il entendait diriger me conduisait  vers de premières réflexions qui ont été ensuite  rassemblées et élargies à d'autres domaines. La Maison de l'histoire de France, le génocide arménien, Guy Môquet, mais aussi les manuscrits coréens, la mémoire de l'outre-mer et les commémorations des guerres mondiales ont été autant d'épisodes marquants du quinquennat qui s'achève.

 

Parmi tous les historiens qui ont été interrogés (et qui ont bien voulu répondre puisque la journaliste nous a précisé qu'elle a essuyé plusieurs refus), un constat global peut être dressé : Nicolas Sarkozy utilise l'histoire parmi d'autres outils au service de sa communication politique.

Rarement en effet un président aura autant mobilisé l'histoire (ou peut-être devrions-nous plus justement évoquer la mémoire) afin de délivrer un message tantôt rassembleur (dans le cadre de la Maison d'histoire de France par exemple), tantôt communautariste (avec la nouvelle proposition de loi sur le génocide arménien notamment).

 

Quoi qu'il en soit, Nicolas Sarkozy n'aura pas laissé les historiens indifférents. Ils l'ont parfois soutenu et accompagné lors de cérémonies commémoratives qui ont été l'occasion d'annonces importantes (création d'une commission de réhabilitation des fusillés pour l'exemple de la Première Guerre mondiale, apparition d'une fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, crédits pour la numérisation des archives de l'outre-mer...) mais ils l'ont aussi critiqué et malmené avec vigueur lorsque l'enseignement de l'histoire-géographie a été supprimé en terminale scientifique, qu'une nouvelle loi mémorielle a été introduite dans la législation française, que l'homme africain a été sorti de l'histoire le temps d'un discours à Dakar, que les archives nationales ont commencé à être déménagées en dehors de Paris...

 

Bref, chacun pourra dresser son propre bilan des rapports de Nicolas Sarkozy avec l'histoire, mais seule l'histoire pourra juger Nicolas Sarkozy pour son apport.

 

 

Bibliographie complémentaire :

   - De Cock Laurence, Fanny Madeline, Nicolas Offenstadt et Sophie Wahnich (dir.), Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France ?, Agone 2008 (un ouvrage indispensable qui mériterait désormais d'être actualisé).

Président et la culture dans le monde

   - Raphaëlle Bacqué, Un président de la République doit-il être cultivé ?, in Le Monde, 25 mars 2012.

 

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Published by Mickaël Bertrand Mickaël BERTRAND - dans Mémoires et politique
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