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C'est Quoi ?

  • : Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • Histoire, Mémoire et Société (ISSN : 2261-4494)
  • : Ce blog se propose tout d'abord de recenser et d'analyser les réminiscences régulières de la mémoire dans notre actualité. Il vise aussi à rassembler différentes interventions d'historiens, mais aussi d'autres spécialistes, sur le rôle et les conséquences de la mémoire dans nos sociétés. Enfin, des réflexions plus fouillées sont proposées ponctuellement sur les manifestations de la mémoire dans les sociétés d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. ISSN : 2261-4494
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C'est Qui ?

  • Mickaël BERTRAND
  • Citoyen, historien et enseignant, j'ai souhaité partager sur ce blog mes réflexions quotidiennes sur la place de l'histoire et de la mémoire dans l'actualité nationale et internationale.
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Cherche La Pépite

8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 19:34

Depuis quelques jours, le ministre de l’Education Nationale Luc Châtel a annoncé que la réforme du lycée allait rendre optionnel l’enseignement de l’histoire-géographie en Terminale Scientifique. Depuis, des voix s’élèvent partout pour dénoncer cette mesure.

Il n’est nul besoin d’insister longuement pour vous faire comprendre mon point de vue sur ce dossier. Depuis sa création, ce blog a eu pour ambition de démontrer comment, à défaut d’histoire, la mémoire peut travailler le passé à des fins émotionnelles, partisanes, voire propagandistes.

Il est donc à mon avis nécessaire que le citoyen soit formé à une lecture historique des évènements afin non seulement de lui permettre d’élargir sa culture générale, mais aussi de développer son esprit critique face aux évènements qui constituent l’actualité.

 

Une mesure d’économie publique

La principale raison qui motive cette décision est dans la continuité des réformes entreprises depuis quelques mois dans l’Education Nationale : réduire les coûts et les effectifs !

L’équation est simple : depuis son arrivée à la Présidence de la République, Nicolas Sarkozy a promis de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux. Or, nous sommes forcés de constater que depuis deux ans, de nombreuses classes commencent l’année sans professeur. La fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques (FCPE) a d’ailleurs ouvert un site Internet afin de recenser les milliers d’heures de cours non-assurées par le service public de l’Education Nationale, faute de professeur, et que le ministère se garde bien de communiquer. A défaut de recruter les professeurs nécessaires, il s’agit désormais de supprimer des heures de cours avant que la situation ne tourne à l’impasse.

Bien que la communauté des professeurs se soit essentiellement mobilisée autour de l’histoire, il convient de préciser que la géographie et l’éducation civique (soit trois disciplines et non pas une seule) sont concernées par cet "allègement" d’emploi du temps.

Au-delà de l’histoire, c’est toute la communauté éducative qui s’inquiète d’une telle mesure qui pourrait être rapidement élargie à d’autres disciplines dans d’autres filières pour les mêmes motifs d’économie.

 

Danger pour la République ?

Cette décision est d’autant plus surprenante qu’elle intervient au moment même du débat sur l’identité nationale. Doit-on comprendre qu’aux yeux de nos dirigeants, il serait plus efficace d’enseigner les rouages de l’identité nationale dans les tribunes politiques et sur des forums contrôlés par le gouvernement plutôt dans des salles de classe par des professeurs formés à cet effet ?

Christian Estrosi a inauguré la stratégie inverse lors d’un meeting où il entendait justement défendre l’initiative de son collègue Eric Besson sur l’identité nationale. Voici son propos :

« Si, à la veille du second conflit mondial, dans un temps où la crise économique envahissait tout, le peuple allemand avait entrepris de s'interroger sur ce qui fonde réellement l'identité allemande, héritière des Lumières, patrie de Goethe et du romantisme, alors peut-être aurions nous évité l'atroce et douloureux naufrage de la civilisation européenne. »

Que comprendre de cette affirmation ? Qu’Hitler au pouvoir depuis 1933 aurait du organiser un débat sur l’identité nationale ? Que la France est au bord d’une dérive pan-nationaliste que l’initiative gouvernementale est sur le point de désamorcer ? Ou bien qu’un ministre de la République falsifie l’histoire au nom d’une idéologie politique ?

Heureusement, pour l’instant, les lycéens ayant assisté à leur cours d’histoire connaissent la réponse… mais jusqu’à quand ?...

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Published by Mickaël Bertrand Mickaël BERTRAND - dans Mémoires et historiens
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